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Date de création : 08/08/2008 / Dernière mise à jour : 19/06/2009 à 21:11 / 14 articles publiés

Archives pour la catégorie "Général"

Energie Environement Chine

Le 11 août 2008 à 13:45 dans Général, 82 lectures

Info & Secteurs > Energie / Environnement > Analyses
GAZ -


CHRISTIAN DE BOISSIEU ET PHILIPPE ESPER
Le gaz : tensions, opportunités et nouveaux défis
[ 11/08/08 ]

Il y a quelques années, beaucoup de professionnels, d'économistes et de dirigeants politiques internationaux étaient convaincus de l'efficacité du dialogue entre producteurs et consommateurs d'énergie, de la fluidité du fonctionnement des marchés et de l'évolution obligée vers un « mix énergétique » raisonnable. Lorsqu'à la refondation du Conseil économique de la défense, en mai 2003, nous prîmes l'initiative d'inscrire la problématique Energie et Sécurité au premier rang de nos thèmes, le sujet pouvait paraître novateur. Aujourd'hui, son qualificatif approprié serait « vivant », voire « préoccupant ». Les tensions géopolitiques se développent. Producteurs et consommateurs raisonnent ou agissent en fonction de leurs intérêts, intérêts économiques toujours, arrière-pensées politiques de puissance ou de reconnaissance souvent.

Dans un paysage évolutif, où les coûts des permis d'émission ou du stockage du CO2 vont grever l'économie du charbon et réduire l'intérêt du fioul pour le chauffage ou l'électricité, où l'énergie nucléaire demeure malgré son attrait un investissement de long terme destiné à des pays sûrs, le gaz apparaît comme une matière première de plus en plus attrayante, dont le prix est en passe d'être « décorrélé » de celui du pétrole et qui va cristalliser encore plus de rapports de force géopolitiques. Une politique de sécurité et une diplomatie réalistes pour la France et l'Europe doivent renouveler les fondements du dialogue entre pays producteurs et consommateurs de gaz, en intégrant les enjeux climatiques et les stratégies de puissance.

En forte croissance, logique dans les grands pays émergents, la demande d'énergie devrait au moins doubler dans le monde d'ici à 2050, peut-être tripler. A l'horizon de 2020, la demande de gaz va être multipliée par quatre en Chine, par deux en Inde et croître d'environ 30 % en moyenne en Europe et au Japon. L'essentiel de l'augmentation, même en Europe, servira à la production d'électricité. Moins polluante que le charbon et le pétrole, la production d'électricité à partir du gaz est en outre bien moins capitalistique que le nucléaire ou les renouvelables. Les échanges interzones progresseront plus vite que la production grâce au gaz naturel liquéfié (GNL) et les régions les plus consommatrices dépendront davantage des importations. En 2030, les deux tiers de la consommation européenne seront importés, dont plus de 60 % de Russie, avec de fortes disparités entre pays. Les producteurs seront de plus en plus sollicités par la demande asiatique. Déjà, la Russie diversifie ses clients vers l'Asie. Les Européens devraient s'en réjouir. Lorsque la Chine ou l'Inde substitue du gaz au charbon ou au fioul pour produire de l'électricité, cela contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre. En revanche, lorsqu'un pays européen comme l'Allemagne limite ou remplace son nucléaire par du gaz, la substitution fait débat sur le plan économique et environnemental.

L'accroissement de la demande de gaz et l'insuffisance probable d'investissements des producteurs, à la fois sur l'amont et sur les infrastructures de transport, risquent d'engendrer à la fois des tensions entre consommateurs et producteurs (telles les crises récentes entre Russie et ses voisins) et une concurrence avivée entre grands consommateurs (Europe, Etats-Unis et Asie). La production de gaz est concentrée dans quelques pays politiquement sensibles : Russie, Iran, Qatar, Algérie...

La recherche d'une sécurité d'approvisionnement pour l'Europe passe par la reconnaissance des intérêts des producteurs et par l'établissement de relations bilatérales entre consommateurs et producteurs. Les intérêts des grands consommateurs, en particulier l'Union européenne et les Etats-Unis, ne sont pas nécessairement convergents. Tandis que les Européens cherchent à moins dépendre de la Russie, celle-ci leur reproche un manque de visibilité de leur demande sur la longue durée et un protectionnisme sur leur marché domestique. L'intérêt mutuel des Européens et des Russes serait de converger sur des contrats à long terme, fondés sur un prix assez élevé pour intégrer le coût du CO2 et une rente de rareté applicable à une ressource non renouvelable. L'Europe n'a pas intérêt à suivre les Etats-Unis dans une tentative de « containment » de la Russie. Les tensions entre l'Union européenne et la Russie d'une part, entre l'Union et certains Etats membres comme l'Italie d'autre part, autour des tracés des gazoducs South Stream et Nabucco reflètent une autre divergence d'intérêts. L'attitude raisonnable pour l'Europe est de ne pas entraver les relations bilatérales entre chacun des pays européens et la Russie et d'inciter, autant que faire se peut, les pays européens à réduire leur dépendance gazière en recourant davantage au nucléaire. Sur ce point, il n'y a pas d'autre choix que de laisser à l'Allemagne le temps d'évoluer.

Faciliter l'accès des pays producteurs de gaz au nucléaire civil se comprend dans la perspective d'un partenariat de long terme, qui réserve la ressource la plus rare à l'exportation, pour favoriser le développement économique des pays producteurs. Pour autant, ces derniers doivent donner les garanties indispensables en matière de non-prolifération et de sûreté et de sécurité.

Quant à l'Iran, le discours du gouvernement en place est générateur d'une escalade conflictuelle mais une politique d'exclusion radicale de cet important détenteur de réserves de gaz pourrait s'avérer contre-productive pour l'Europe si se dessinait une hypothèse d'évolution du régime de Téhéran, à laquelle semble désormais croire l'administration américaine.

Dans un monde qui comptera 9 milliards d'habitants en 2050, la raréfaction des ressources fossiles et la contrainte climatique portent en germe des tensions géopolitiques qui dépassent le traditionnel dialogue entre producteurs et consommateurs. La prévention de ces tensions suppose la reconnaissance des puissances gazières du monde actuel et la recherche d'une allocation optimale des ressources naturelles et technologiques. Le droit de la Russie et des autres détenteurs majeurs de gaz de se développer en s'appuyant sur leurs richesses naturelles et sur une stratégie énergétique ambitieuse est compatible avec le droit des pays émergents (comme l'Inde et la Chine) d'accéder aux énergies les moins carbonées pour produire l'électricité, moteur du développement.

Quant à l'allocation optimale des ressources naturelles et technologiques, le bon sens conduit à substituer, chaque fois que c'est possible dans des conditions d'économie, de sûreté et de sécurité, le nucléaire au gaz pour produire de l'électricité, et d'abord en Europe. Une politique de sécurité et une diplomatie européennes actives doivent dépasser les postures défensives afin d'optimiser l'interdépendance.

CHRISTIAN DE BOISSIEU est président délégué du Conseil d'analyse économique. PHILIPPE ESPER est président du Conseil économique de la défense.

 

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Le 09 août 2008 à 16:38 dans Général, 108 lectures


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Le 09 août 2008 à 15:40 dans Général, 73 lectures

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Humanitaire 2020

Le 09 août 2008 à 11:54 dans Général, 69 lectures

Blogs > Sengué Wangpo > L’humanitaire des ONG est-il autre chose qu’un colonialisme ? < Précédent


Vendredi 8.8.2008. 21:00h
L’humanitaire des ONG est-il autre chose qu’un colonialisme ?
L’humanitaire est colonialiste pour les effets médiatiques qu’il produit, et les bénéfices qu’en tirent les pays soi-disant bienfaiteurs. Il est devenu la face morale de la mondialisation économique.
Durant des siècles, des millions d’Africains ont été déportés par des puissances européennes afin d’être réduits en esclavage sur le continent américain. L’époque coloniale a laissé les pays concernés dans un état lamentable du point de vue de la santé, de la démographie, de l’économie, de l’éducation et des infrastructures. Puis cette période sombre de l’histoire de l’humanité a été suivie par une autre forme de colonialisme : l’exploitation des ressources des pays les plus démunis par les anciennes puissances coloniales, auxquelles se sont progressivement ajoutées la Chine, les Etats-Unis et le Canada. C’est de ces situations que sont nés le droit et l’action humanitaire. Un droit qui prend racine dans la philosophie des lumières, du XVIII siècle, qui tend à fonder un moral en l’homme et non plus dans la religion. Une action qui vise, sans aucune discrimination et avec des moyens pacifiques, à préserver la vie dans le respect de la dignité. Et elles sont nombreuses les organisations qui œuvrent aujourd’hui dans cet unique but : Comité International de la Croix Rouge, OXFAM (Oxford Commitee for Famine Relief), Médecins Sans Frontières, etc.

Le pot de terre contre le pot de fer

Les européens sont très attachés à l’aide humanitaire qu’apportent les Organisations Non Gouvernementales. En 2004-2005, les Français ont donné 250 millions d’euros pour le tsunami en Asie du sud-est. Sidaction annonce que la collecte de dons sur 2008 pourrait atteindre 20 millions d'euros. Ces chiffres paraissent importants mais sont en réalité bien maigres au regard des besoins dans le monde. Dans son rapport 2007, le programme des Nations-Unies pour le développement estime qu’une dépense annuelle de 80 milliards de dollars sur 10 ans permettra de garantir à tout humain l’accès à l’éducation et aux soins de base, à une nourriture adéquate et à l’eau potable. Seules les grandes fortunes privés et les états les plus riches peuvent décider d’engager de telles sommes et ainsi d’enrayer un processus inique. Malheureusement, les uns comme les autres sont trop souvent aux abonnés absents. Encore aujourd’hui, dans plus de 190 états membres des Nations-Unies, près de 120 millions d’enfants de moins de 15 ans non pas accès à l’école. Dans les pays les moins développés, environ 10 millions d’enfants décèdent chaque année avant l’âge de 5 ans. En Afrique subsaharienne, près de 40% des 670 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Si la conjoncture actuelle dure, d’ici à 2020, le nombre d’enfants souffrant de malnutrition en Afrique dépassera les 40 millions.

Quand les médias se retirent

Malgré un dévouement sans faille de la part de ses principaux acteurs, l’efficacité de l’aide humanitaire dépend beaucoup de la présence des médias. Lorsqu’une tragédie humanitaire ne fait plus la une, elle est abandonnée à son triste sort. Pourtant, il ne se passe pas un jour sans qu’un chef d’état ne se réclame du statut de bienfaiteur des hommes. Pas un journal télévisé sans images de la dernière visite de tel ou tel ponte au chevet de souffrants. Il semble qu’il suffise de monter quelques malheurs en spectacle pour faire oublier les maux profonds dont souffrent plus de 850 millions de personnes dans le monde. Les dirigeants du monde ont bien compris que l’action humanitaire permettait d’assurer un gardiennage des populations les plus démunies et de produire une bonne conscience dans l’opinion publique des pays donateurs. L’aide humanitaire se révèle aussi être un excellent instrument d’ouverture des marchés. Les pays « aidés » sont forcés d’acheter les biens manufacturés dans les pays donateurs sous peine de se retrouver à genoux par la suppression des ressources financières dont ils dépendent. Si l’engagement pour soulager l’humanité qui souffre est plus que jamais nécessaire, pour être efficace, il faut considérer les grandes tragédies de l’humanité comme des problèmes personnels et développer une éthique de la responsabilité individuelle et collective.


 

Denise Jean Bernard 1 Mai 1956 mes parents

Le 09 août 2008 à 11:46 dans Général, 82 lectures